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Pédagogie interrogative, active, co-active, inversée…quelle différence ?

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Il existe un nombre infini de méthodes et techniques pédagogiques. Aucune n’est meilleure que l’autre, tout dépend du contexte dans lequel elles sont utilisées. On peut les classer aujourd’hui en cinq grandes familles. Voici leurs avantages et leurs inconvénients.

1) Pédagogie Expositive

Les pédagogies dites « expositives » ou « transmissives » ou encore « magistrales » ont longtemps été le modèle de référence en formation. Inspirée du bon vieux cours magistral du maître, elles étaient en perte de vitesse dans les années 1970 / 1980, concurrencée par les techniques de dynamique de groupe. Avec la mode du diaporama, elles ont retrouvé une nouvelle jeunesse dans les années 1990.
Les pédagogies expositives gardent encore de l’intérêt pour diffuser un savoir en un minimum de temps. Elles restent pertinentes pour des publics de haut niveau sachant parfaitement manipuler les techniques de prise de note et très motivés pour acquérir les contenus proposés.

2) Pédagogie Interrogative ou participative

Pédagogie prédominante aujourd’hui dans le domaine de la formation en entreprise, les techniques interrogatives ou participatives font appel à la connaissance des apprenants. Elles se distinguent des pédagogies actives ou co-actives en guidant fortement la production des apprenants. Ils sont interrogés, ils participent, ils contribuent, mais ils n’inventent pas, ne créent pas, n’innovent pas.
Beaucoup de formateurs pensent faire de la pédagogie active alors qu’ils ne font que de la pédagogie interrogative ou participative. Ce n’est pas parce que les apprenants répondent à leurs questions, qu’ils produisent eux-mêmes leur savoir. Et le niveau d’appropriation n’est évidemment pas le même.
Les pédagogies interrogatives ou participatives restent intéressantes pour les opportunités d’adaptation qu’elles offres au formateur. Mais d’une certaine façon, elles sont plus proches des pédagogies expositives qu’actives ou co-actives.
Certaines pédagogies ludiques à base de quiz ou d’exercices de mémorisation simples entrent dans cette catégorie.

3) Pédagogie Active

La pédagogie active part du postulat que le savoir est dans la tête de chacun des apprenants davantage que dans celle du formateur. Ce dernier a pour mission de créer le cadre de travail dans lequel les apprenants vont produire eux-mêmes leurs propres connaissances. Pour ce faire, ils résoudront des problèmes, réaliseront des exercices d’application, feront des jeux de rôles, des business games ou répondront à des questions ouvertes nécessitant une réflexion approfondie.
Très inspirée de la méthode Freinet et de toutes les pédagogies issues du constructivisme, les pédagogies actives se diffusent assez rapidement dans le milieu de la formation en entreprise de façon concomitante avec les pédagogies co-actives.

4) Pédagogie Co-active

Basée sur le même postulat que la pédagogie active, les techniques co-actives se distinguent en faisant travailler les apprenants non plus seuls mais en petits groupes. Elles favorisent, comme l’a mis en évidence le socio-constructivisme, le conflit socio-cognitif, c’est-à-dire la confrontation des points de vue entre les apprenants. De là émergent de nouvelles représentations, de nouvelles solutions aux problèmes rencontrés dans le quotidien du travail.
Les pédagogies Co-actives représentent une véritable avancée par rapport aux pédagogies expositives et interrogatives. Elles favorisent l’implication (beaucoup plus encore que les méthodes actives où l’apprenant est souvent confronté à un certain isolement). Elles permettent également de former des personnes déjà expérimentés qui ont besoin de progresser encore et d’expérimenter d’autres façons de faire.
Dans cette famille pédagogique, on retrouve des techniques très en vogues actuellement telles que les ateliers de co-développement, les barcamp et hackathon ou des techniques plus anciennes telles que les groupes de progrès, les groupes d’analyse de pratique, le retour d’expérience ou l’analyse d’incident, etc

5) Pédagogie Inversée

La pédagogie inversée, ou flipped classroom en anglais, surfe sur la vague des nouvelles technologies. En permettant aux apprenants d’avoir accès aux savoirs via internet, le digital learning libère le formateur de la transmission du savoir et lui permet de se focaliser sur l’entraînement et le dépassement des difficultés d’apprentissages. La pédagogie inversée peut se définir simplement par l’expression : « on apprend chez soi via le web, on fait la mise en pratique et on se perfectionne en classe ». C’est tout l’inverse de ce que l’on a connu à l’école au cours de notre jeunesse.
La pédagogie inversée a aujourd’hui de farouches défenseurs et quelques icônes dans le monde des sciences de l’éducation, notamment Marcel Lebrun. Dans le monde de la formation en entreprise sa transposition n’est pas toujours aisée. Sur des parcours certifiants, elle apporte un réel plus, car les formateurs sont en mesure de mobiliser les apprenants sur les travaux à réaliser avant chaque nouveau module. Sur les formations de courte durée, il en va tout autrement. Et la pédagogie inversée peut amener à des groupes très hétérogènes avec d’un côté ceux qui ont pris le temps de s’autoformer avant de venir et les autres qui peuvent être dépassés et avoir le sentiment de ne pas pouvoir suivre

Source : blog-formation-entreprise.fr Marc Dennery 26/9/2016