Minecraft est-il dangereux pour nos enfants ?

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Comme tous les parents, on peut s’inquiéter du temps passé par nos enfants sur les écrans en général et sur les jeux vidéo en ligne en particulier (Quand c’est gratuit : c’est toi le produit !) qu’en ai-il vraiment ? Ci-dessous 3 articles qui traite de MINECRAFT pour se faire une idée du sujet.

Article 1 :

MINECRAFT ET AUTRES JEUX VIDÉO AUXQUELS VOUS POUVEZ LAISSER VOS ENFANTS JOUER SANS DANGER

Minecraft passionne la jeunesse avec 50 millions de licences vendues. Au-delà de ses attraits pour les grands groupes comme Microsoft qui l’a récemment racheté, le jeu vidéo fait preuve de nombre d’atouts à même de séduire les parents des générations connectées. En quoi consiste Minecraft et quelles capacités ce jeu amène-t-il à développer chez l’enfant ?

Vanessa Lalo : Minecraft fait partie des jeux bac à sable. On peut faire tout ce qu’on souhaite, mais il n’y a pas d’objectif de jeu. On est dans un environnement libre, où, comme le dit la phrase de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Le jeu est entièrement évolutif et le joueur y agit à sa guise. Il recrée toutes les constructions qu’il souhaite, comme son école en cours de techno, ou le Louvre. Un groupe de 40 personnes a eu envie de le recréer : ça a demandé des semaines de travail, plan à l’appui, avec la mise à l’échelle… On peut aussi donner un thème aléatoire et se retrouver. Il y a une hiérarchie sociale qui va se mettre en place. On voit vraiment tous les reflets de la société qui se retrouvent sur de la créativité.

Il y a un aspect collaboratif et créatif et l’univers est libre. On peut casser un arbre, le récupérer dans son inventaire et le remettre où on veut. Au fur et à mesure qu’on acquiert des compétences, on peut casser des choses de plus en plus solides. Certains y vont pour construire une maison comme dans Les Sims. Ils vont rêver de maison dans les arbres ou de maison cachée et reproduire l’idéal d’ermite. L’important, c’est vraiment cet aspect collaboratif. Sinon, dans Minecraft, on s’ennuie vite tout seul. Une fois tout construit, détruit, c’est un peu comme les Légo. Sur Minecraft on garde la trace de ce qu’on a fait. Cet aspect est très important. Il fait qu’on se sent immortel.

Le succès de Minecraft vient aussi du retour aux valeurs anciennes. Les jeux aujourd’hui ont de plus en plus des graphismes hyper réalistes. Or, les enfants sont aussi intéressés par les choses « moches » avec lesquelles on peut tout faire. C’est rassurant parce que ça ne nous ressemble pas. Cela crée une distance supplémentaire entre soi et le jeu, ce qui permet de mieux se l’approprier

Parmi la multitude de jeux vidéo, comment reconnaître ceux qui ont des effets positifs pour les enfants ?

Il faut que l’on arrive avec le jeux vidéo à avoir la même réaction qu’avec le livre. Un parent ne demande pas à un expert quel type de livre faire lire à son enfant. Pour le jeu vidéo, il faut arriver à un réflexe similaire. Il faut neutraliser cet objet, arrêter d’être angoissé par rapport à des outils qui ne font rien seuls. Il faut se centrer sur soi-même, voir quelles sont ses propres limites face à ces objets, ces outils. Se poser des questions sur ce qu’on n’a pas envie de voir chez soi et à quel type de jeu on a envie de jouer avec son enfant.

Aujourd’hui, il y a un retour vers le rétrogaming parce que le jeu est un sujet de conflit (avec les parents, les élus). Les anciens jeux sont rassurants. Nous avons déjà pu prendre du recul historique sur nos vieux jeux. Minecraft, composé uniquement de cubes et de pixels, s’inscrit dans cette mouvance « retro ». Beaucoup de jeunes sont heureux de s’approcher des jeux « de l’époque de leurs parents ». Ils sont fiers d’avoir des jeux qui ont une valeur historique. il y a un vrai phénomène de société. Les enfants qui ne jouent pas à Minecraft à partir de la cinquième, quatrième, troisième sont un peu exclus

Quels sont les meilleurs jeux, à la fois ludique et pédagogique, en fonction de l’âge ?

  • Jeux « bac à sable »

Dans les jeux des gros éditeurs, nous pouvons citer SimCity, dont le but est de gérer une ville en tant que maire et de faire face à de nombreuses situations, tout en construisant sa ville. Ce jeu de simulation permet d’expérimenter beaucoup d’actions et leurs conséquences et développe tout particulièrement les capacités de gestion, de calcul, d’anticipation, de réactivité… Jouable dès 7 ans et tout au long de la vie.

Les Sims, sur les mêmes principes que Minecraft, est un jeu bac à sable dans lequel on peut faire entièrement tout ce que l’on souhaite. Ce qui est très intéressant avec les Sims, c’est de voir les interactions sociales et toute l’expérimentation qu’on peut mettre en place par rapport à son avatar (créé plus ou moins proche de soi) et sa manière d’avoir envie d’agencer soi-même sa maison, ses habits, soi-même à travers un jeu. Dans Minecraft, on est vraiment dans un univers libre où on construit, on déconstruit. Dans les Sims, on se construit une vie un peu parallèle et c’est ça qui est vraiment très intéressant. Toutes les interactions avec les différents personnages vont avoir un impact sur nous. Ca nous permet d’expérimenter au plus près certaines situations en dépassant éventuellement certaines limites, ce qu’on ne pourrait pas forcément faire dans la réalité. Les Sims c’est d’abord un jeu qui est beaucoup joué par les petites filles, car il a aussi beaucoup l’aspect de « maison de poupée virtuelle ».

  • Jeu avec interactions sociales

Dans les jeux strictement non violents qu’on peut plébisciter sans aucun danger, on peut citer un jeu comme Journey qui a été développé par That Game Compagny. Cela se joue sur la Playstation 3 et c’est un jeu qui est totalement symbolique et poétique par rapport aux enjeux de la vie. On ne peut pas mourir dans ce jeu, on ne peut que persévérer et avancer vers de l’inconnu, quelque part. On ne sait pas vers quoi on est en train d’aller mais quoi qu’il en soit, on avance vers ce chemin. Le but du jeu, c’est de contempler, se balader, entrer en interaction avec d’autres joueurs sans avoir jamais de possibilité de les contacter autrement que par une touche qui fait du bruit. Ca développe tous les aspects communicationnels d’une manière inédite puisqu’on n’a jamais communiqué de cette manière-là avec une seule touche.

Quand vous voulez de l’aide, vous allez appuyer sur une touche qui va faire un bruit, si vous voulez gronder, remercier quelqu’un, vous allez appuyer sur la même touche. C’est uniquement en fonction de votre manière à vous d’appréhender cette touche que vous allez pouvoir vous comprendre, car on ne peut pas passer par des tchats écrits… On y trouve cette solidarité absolue qui fait que, comme on ne peut pas se tuer, dès qu’on rencontre quelqu’un, on est dans la solidarité, dans des enjeux positifs absolus. Il fait partie des jeux incroyables parce que visuellement il est beau, le son est très beau, on peut se balader dans un univers et être dans une contemplation fascinante. On peut surtout aller au bout du jeu en comprenant que dans la vie, on rencontre des échecs, des moments difficiles, mais on arrive toujours à les dépasser, à vaincre les éléments négatifs qu’on rencontre sur notre chemin. Il y a aucun autre jeu qui soit sur ce même plan que ce jeu-là.

  • Jeu « Tower defense »

Plants versus zombies. Dans un tower defense, le but est – comme son nom l’indique – de se défendre. Dans Plants Vs Zombies, des zombies viennent assaillir notre maison et on doit mettre des plantes qui se défendent contre eux. C’est très intéressants au niveau des conflits intérieurs, puisque le zombie, c’est un peu l’entre deux du vivant et du mort, de l’enfant à l’adulte, un peu l’adolescent, c’est l’entre deux du dedans, du dehors. Le zombie a une particularité métaphorique. De l’autre côté, les plantes, c’est quelque part une métaphore de nos défenses naturelles. C’est très intéressant de pouvoir jouer avec différents conflits en regardant comment la personne va structurer sa défense. Va-t-elle structurer sa défense de matière symétrique, préférer des plantes jolies avec moins de puissances ou aller vers des plantes tout de suite très puissantes parce que ses conflits sont trop violents intérieurement? Il fait partie des jeux qui développent beaucoup la notion de gestion, de concentration, ça rejoue toute notre organisation interne. Il développe notre dextérité, des mécanismes de gestion, de planification. A chaque fois qu’on va mettre une ligne de plantes, il va falloir recueillir de l’argent pour pouvoir mettre une deuxième ligne, donc c’est de la gestion à part entière.

  • Jeux « puzzle »

Fez, un jeu indépendant, un jeu de plateforme dans lequel on doit évoluer. C’est un jeu de puzzle puisqu’à chaque fois, il faut découvrir une porte pour en découvrir la suivante, puis la suivante, etc. Surtout, ce qui est génial dans ce jeu, c’est qu’on doit tout le temps changer le sens de cet univers en 3D pour pouvoir continuer à avancer. On travaille en permanence l’abstraction spatiale, puisqu’il faut réussir à se repérer dans l’espace pour pouvoir continuer à avancer. Pour réussir à aller de porte en porte et de monde en monde, il faut mémoriser où on a été, il faut réussir à se repérer dans l’espace et sur une carte. On ne meurt pas, c’est sans danger, inoffensif. Au niveau cognitif, il apporte énormément de compétences : planification, abstraction spatiale, logique, mémorisation.

Portal 2, un jeu un peu plus compliqué, à partir de douze ans. C’est encore du jeu de puzzle où on doit réussir à trouver comment aller d’un point A à un point B, sachant qu’on ne sera pas que sur de la logique physique puisqu’il faut ouvrir un portail à un endroit et ouvrir un autre portail ailleurs pour pouvoir continuer son chemin. Donc, il faut tout le temps réussir à comprendre les règles de la physique avec les lois de la gravité, de l’abstraction spatiale parce que si on ne se repère pas, on n’y arrivera jamais. La logique et la planification vont être au cœur de ce type de jeu puisqu’il faut réfléchir énormément pour savoir comment aller de l’autre côté, contourner les obstacles mis là par le jeu. C’est un jeu utilisé par les professeurs de physique pour montrer les lois de la gravité et autres

Braid est un jeu dans lequel on ne peut pas mourir. Le jeu se présente comme un jeu de plate-forme classique, cependant, le héros dispose d’un pouvoir lui permettant de remonter le temps. Le joueur devra donc résoudre des énigmes en utilisant cette capacité spéciale, ce qui fait du jeu un mélange de plate-forme et de puzzle-game. C’est un jeu de puzzle de haut niveau, pas évident à mener à bien tout seul. D’où l’intérêt de jouer avec ses parents. Braid est un jeu de puzzle et de réflexion qui travaille sur la planification, la stratégie. On vit des expériences inédites avec ce type de jeu. Là, vous avez toute la liberté de faire n’importe quoi et de revenir en arrière. Vous allez avoir le droit de changer de possibilités de point de vue, d’élaborer de nouvelles stratégies.

  • Jeux pour les 4 ans

Il existe également des jeux éducatifs pour les petits, pour apprendre l’astronomie avec Star Walk kids,  s’amuser seul avec Little Chomp ou en famille avec Mucho party et bien d’autres…

  • Jeux pour les 7/10 ans

Botanicula, Machinarium, Monument Valley sont des jeux extra à jouer dès l’enfance et géniaux pour les adultes également. Ils sont parfaits pour des enfants de 8/10 ans. Il y a aussi Paris 3D ou, pour ceux qui aiment la logique, Silly Familly.

Tous ces jeux ont la même logique : jouer sur la persévérance, lutter contre la frustration et être dans un apprentissage inhérent aux jeux. On ne vous dit pas « tu vas apprendre telle ou telle chose », mais on apprend malgré soi. Ce ne sont pas des jeux bêtes et méchants sur lesquels on joue pour passer le temps. C’est vraiment des jeux qui ont une plus-value qui apportent énormément d’élément de réflexion, de planification. Tous ces jeux-là forcent à réfléchir au départ à toutes les suites d’actions logiques qu’on va mettre en place pour arriver à la fin.

C’est des jeux qui peuvent tous être joués avec les parents. L’enfant va savoir faire toutes les actions à l’écran, ce que le parent ne sait pas faire. Par contre, l’enfant ne va pas toujours avoir toutes les clefs de compréhensions pour réussir le puzzle. Le parent va pouvoir apporter sa compétence intellectuelle. On est sur un partage possible. Plus les enfants vont avoir besoin de leur parents pour réussir les jeux, plus on se retrouve dans une situation intéressante au niveau éducatif parce que ça crée du dialogue…

Après, c’est à chacun de se poser la question : « Qu’est-ce que j’ai envie de transmette ? » Il n’y a aucun jeu mauvais en terme pédagogique si les parents accompagnent le discours. Le jeu est un support d’échange. Quand on joue, on partage une expérience commune qui se fait de plus en plus rare dans notre société d’hyper consommation. A travers le jeu on partage une médiation. Angry bird, Mario Kart, Candy crush… tous les jeux apportent des compétences cognitives.

Quelles sont pour chacun d’entre eux les qualités qu’ils permettront de développer chez l’enfant ?

Tous les jeux permettent d’acquérir des compétences: planification stratégique, abstraction spatiale, psychomotricité, mémorisation, attention. Les jeux apportent un bienfait en termes de persévérance, de gestion de frustration, de tolérance, d’ouverture vers l’autre. Ils développent la curiosité intellectuelle. Les jeux vidéo peuvent amener un enfant à apprendre à faire du montage pour mettre sa vidéo sur Youtube, à utiliser Photoshop. Ils vont ouvrir sur tout un tas d’autres apprentissages qui vont se faire sans bruit.

Il faut après s’intéresser à la façon dont la compétence sociale que le jeune a acquis va pouvoir être accompagnée vers le réel. Le tout, ça va être de trouver les points de passage entre les valeurs des parents, les jeux et la réalité. Le jeu vidéo apporte beaucoup en anglais. Tout seul on se met à chercher, à apprendre. Après se pose le problème du transfert vers le réel.

Même lorsqu’un jeu est bien choisi, quels sont les conseils à dispenser ?

Le premier conseil, c’est de regarder la signalétique PEGI (Pan European Game Information), classification sur l’âge auquel un jeu est adapté. Elle permet aux parent d’avoir une idée du type de programme et du contenu. La norme PEGI  est la seule norme commune actuellement sur laquelle s’appuyer.

Deuxièmement, on ne peut pas accompagner son enfant si on ne discute pas avec. Les parents doivent poser les questions pour savoir à quoi jouent leur enfant, avec qui et comment. Une fois commencé ce dialogue, tout se débloque. A travers les réponses, on va pouvoir adapter le type de jeux. Cela va être un support de médiation. Si on demande à son enfant de vous montrer son pseudo, son avatar, on va avoir des éléments de réponse. Un enfant adore parler de ses jeux vidéo. L’avatar est le reflet de son idéal. De même, les copains qu’il s’est fait dans le virtuel sont réellement présents. Les parents ne peuvent pas ne pas s’y intéresser.

Il n’y a pas de réponse globale, intéressez-vous à ce que font vos enfants. Il faut être dans l’accompagnement de la même manière qu’on le ferait avec un livre, un sport.

Vanessa LALO est psychologue clinicienne, spécialisée dans les addictions et les nouvelles technologies. Elle travaille sur tout ce qui touche « aux écrans » au sens large du terme : les usages généraux sociologiques, les effets sur la société et sur les personnes d’un point de vue subjectif

Article publié sur le site Atlantico le 27 septembre 2014

Article 2 :

GUIDE PARENTALE DE MINECRAFT : 7 CONSEILS POUR COMPRENDRE CE QUE FONT VOS ENFANTS

Vos enfants passent des heures sur Minecraft. Collés à l’écran comme à une fenêtre ouverte sur un monde infini, les voilà qui créent des choses plus étranges les unes que les autres. Vous passez dans leur dos, aventurez un coup d’œil sur cet univers qui les fascine et vous semble, à vous, si étrange. Si vous ne le connaissiez pas encore, ôtez-vous cette idée de la tête: Minecraft n’est pas encore un de ces jeux stupides.

De nombreux qualificatifs ont été donnés à Minecraft : jeu vidéo, LEGO virtuel, créateur d’univers, simulateur de mine, aventure graphique. Minecraft, c’est tout ceci et bien plus encore. C’est la liberté à l’état pur. Liberté de construire, de voyager et de recommencer, comme dans la vraie vie, mais en plus simple.

Approchez-vous sans crainte: Minecraft peut être un outil éducatif puissant, un terrain de jeu où toute la famille peut apprendre et mieux communiquer. C’est l’occasion aussi de connaître vos enfants et de les aider à grandir, bloc par bloc. Une opportunité merveilleuse de construire ensemble. Voici comment.

Observez et posez des questions, mais ne jouez pas.

Au départ, il est difficile de capter ce qui se passe. Tout va très vite. Vous assistez à des scènes que vous ne comprenez pas ou qui vous paraissent absurdes. Visiblement, il s’agit ici d’attraper des porcs avec une canne à pêche ou creuser des trous dans l’eau. Votre enfant se met parfois à voler au-dessus des montagnes ou à incendier une pierre. Tout ceci est normal. Vous venez simplement d’atterrir dans un autre monde.

Observez avec attention tout ce qui se passe. Au bout d’un moment, vous vous familiariserez avec les principaux éléments de Minecraft: les monstres sortent la nuit, les objets sont construits à partir de recettes et ingrédients de base, etc. Demandez de temps en temps à votre enfant ce qu’il fait et à quoi ça sert, mais n’intervenez jouez pas: ce n’est pas encore votre aventure.

De plus, n’oubliez pas que Minecraft propose deux versions différentes, la version normaleet la version Pocket. La première est celle que vous utilisez sur PC et consoles. Minecrat Pocket Edition,  en revanche, fonctionne sur les téléphones et les tablettes. Vous aurez donc une série de limitations, comme la taille des mondes, qui sont plus petits, ou l’absence de certains blocs. Mais, d’une manière générale, le jeu est le même.

Apprenez tout ce que vous pouvez sur le jeu

Dans Minecraft, rien n’est expliqué au préalable. Pas de manuel pour vous indiquer ce qu’il faut faire. C’est pourquoi chercher et partager des informations sur Internet est un aspect essentiel du jeu et vous verrez souvent vos enfants passer plus de temps sur les chaînes YouTube et sur le wiki de Minecraft que sur le jeu lui-même. Je vous conseille d’en faire autant.

Sur YouTube, comme sur Twitch.tv, vous trouverez de nombreuses chaînes sur lesquelles de célèbres YouTubers passent leur temps à commenter certains aspects du jeu ou racontent leurs aventures dans un style parfois choquant et avec un jargon propre que vos enfants maîtrisent sûrement déjà. Surtout, vos enfants aiment voir comment les autres jouent. On peut dire que pour eux, c’est l’équivalent de votre chaîne de sport.

Tâchez de visionner certaines de ces vidéos avec eux et de les commenter. Si le langage employé vous pose problème, coupez le son. Passez du temps à chercher des chaînes qui vous plaisent et que vous trouvez appropriées. Une autre astuce  consiste à cacher les commentaires -souvent source de confusion- et à regarder les vidéos en mode TV.

Aidez vos enfants à planifier et construire

Minecraft est plus complexe qu’il n’y paraît. C’est comme avec les jeux de construction de LEGO : beaucoup d’enfants peuvent se sentir frustrés s’ils n’arrivent pas à concrétiser leur vision en peu de temps. C’est là que vous pouvez intervenir pour les aider.

Que vos enfants puissent construire et explorer librement est une bonne chose, mais, de temps en temps, proposez-leur des défis et donnez-leur des objectifs. Assistez-les s’ils vous le demandent. Vous pouvez par exemple leur suggérer de bâtir quelque chose qu’ils ont vu pendant un voyage ou dans un film. Le mode création de Minecraft, dans lequel il n’existe pas de limites de blocs et où vous ne pouvez pas mourir est idéal pour cela.

En les aidant à planifier leurs constructions, vous ne leur montrez pas seulement le bon exemple: vous leur permettez aussi de partager leurs expériences avec vous. De plus, le travail en équipe est un bon moyen de se déconnecter du jeu. En leur donnant des objectifs, vous pouvez décider à quel moment il est l’heure d’arrêter et de se reposer.

Installez les mods les plus intéressants de Minecraft

Minecraft est un jeu qui peut être étendu grâce à des mods, des accessoires non officiels. Avec les mods, vous pouvez améliorer les graphismes, ajouter des villages dans lesquels les personnages parlent ou obtenir de nouveaux objets ou monstres. D’autres mods permettent la construction de structures complexes et accélèrent la réalisation des tâches répétitives.

Installer des mods pour Minecraft est facile et sécurisé si vous utilisez uniquement des mods provenant de sources fiables. Dans notre tutoriel, nous vous expliquons la méthode la plus simple, qui consiste à passer par Minecraft Forge, un accessoire qui simplifie énormément la modification du jeu. Il suffit de télécharger un fichier ZIP et de le copier dans le dossier des mods de Minecraft.

Le monde des mods est fascinant, toutefois il peut être compliqué et demande donc quelques compétences techniques. Comme Minecraft n’est pas officiellement compatible avec les mods, le jeu peut parfois cesser de fonctionner, notamment lorsque vous lancez les mises à jour. Il est par conséquent essentiel de réaliser une copie de sécurité des mondes créés par vos enfants.

Un monde rien que pour votre famille

Un aspect important de l’expérience Minecraft est de jouer avec d’autres personnes. Il existe des milliers de serveurs dans le monde auxquels n’importe qui peut se connecter. Néanmoins, il s’agit d’univers sur lesquels vous n’avez aucun contrôle et qui regroupent tous types de joueurs. Certaines rencontres peuvent être violentes ou désagréables et c’est quelque chose dont vos enfants doivent avoir conscience.

Pour profiter du jeu en famille et sans intrus, vous pouvez utiliser un serveur propre, un monde Minecraft dans lequel seuls vos enfants et vous pouvez entrer. Vous avez un contrôle total de cet univers: vous pouvez choisir quand l’allumer et l’éteindre, l’apparence qu’il a et les monstres qui le peuplent. Vous pouvez même décider quand il va pleuvoir.

Il existe une manière encore plus simple de vous fabriquer un monde propre de façon permanente, en passant par Minecraft Realms. Pour 10 dollars par mois (8€), l’application vous permet de créer des mondes privés auxquels vos amis et votre famille peuvent se connecter sans avoir de serveur chez eux et sans les problèmes que cela peut générer.

N’oubliez pas qu’il ne suffit pas de construire

Vous pouvez jouer à Minecraft comme aux LEGO, mais la construction n’est qu’un des aspects du jeu. Ici, vos enfants peuvent explorer de nouveaux univers, tuer des monstres et réaliser des exploits divers, comme dompter des chevaux ou trouver des trésors. Pour ce faire, il leur faudra des compétences et de la patience. Il peut même arriver qu’ils en aient peur à certains moments.

Pour conserver un souvenir de vos créations, sauvegardez vos aventures Minecraft grâce à Twitch.tv  ou avec un enregistreur de vidéo local comme Fraps. Lorsque vous réalisez vos vidéos, pensez à ces deux astuces utiles: changer les habillages des personnages pour qu’ils soient éclairés différemment et modifiez l’angle de la caméra grâce à la touche F5 (pour passer d’une vision subjective à une vision objective).

Le vidéo journal créé peut être exporté sur YouTube pour être publié sur un blog individuel, ou bien édité et gravé sur un DVD pour le regarder plus tard (par exemple, à Noël). Un exemple: la série Minecraft Dad, dans laquelle Paul Soares joue à Minecraft avec son fils compte déjà plus de cent épisodes sur YouTube.

Complétez Minecraft avec le jeu réel

Bec Oakley, mère de deux enfants qui jouent à Minecraft, donne sur son blog un excellent conseil : donnez à vos enfants l’occasion de compléter leurs créations Minecraft avec des activités dans le monde réel. Appliquer les connaissances développées dans Minecraft à la vraie vie peut être très amusant et vous permettra d’éviter que vos enfants passent des heures devant l’écran.

Les possibilités sont infinies: gâteaux Minecraft, poupées en papier, constructions de LEGO, etc. Sur Printerest, vous pouvez trouver des dizaines d’idées de travaux manuels liés à l’univers de Minecraft. Mais vous pouvez aussi pratiquer des activités de plein air, comme faire des châteaux de sable ou visiter des grottes touristiques pour voir comment elles sont en vrai…

Minecraft, un outil éducatif? Pourquoi pas! Contrairement à d’autres jeux tout aussi addictifs, l’atout de Minecraft est de faire appel à l’imagination des petits et grands pour créer des choses dans un monde sans limites, où tout est possible. Quoi de plus stimulant en effet que de voir se concrétiser sur l’écran le fruit d’une imagination sans bornes! C’est peut-être là que l’intervention des parents est la plus judicieuse. D’abord pour éviter l’écueil de la frustration au départ, lorsque créer est difficile, ensuite pour aider les enfants à canaliser cette imagination. L’idée est bien d’accompagner ses enfants dans la création d’un monde fascinant, certes, mais qui sait rester cohérent et connecté à la réalité.

Article original de Fabrizio Ferri-Benedetti – Softonic.com. Traduit et adapté de l’espagnol.

 

Article 3 :

LE PHÉNOMÈNE MINECRAFT : UN MONDE VIRTUEL POUR LES ADOS

Minecraft est un Ovni dans le secteur du jeu vidéo, inventé par un développeur suédois, Markus Persson. Une idée simplissime, loin des grosses productions vidéo actuelles, qui, en quelques semaines, a conquis une importante communauté de joueurs.

Parmi eux, Téo Floch, 12 ans, alias « Totobdc » (bdc pour Bistrot du Centre) ou « Carnage 21 », adhérent de l’espace jeunes, a été frappé par le virus Minecraft « depuis un an et demi environ. C’est un copain qui m’a fait découvrir ce jeu. Depuis, j’y passe une à deux heures par jour, parfois plus. » Sur les ordinateurs de l’espace jeunes, où ils sont plusieurs à partager cette passion, mais aussi à la maison. « Ça énerve un peu ma soeur, qui ne peut pas aller sur l’ordinateur », ajoute Téo.

Collège virtuel

Minecraft est un jeu d’aventure, de construction et de survie dans un environnement 3D où les joueurs sont libres de faire ce qu’ils veulent : construire des maisons, des forteresses, creuser des mines, explorer la surface et les profondeurs de la terre, survivre à la nuit et son lot de monstres, ou encore fabriquer des objets. Le tout représenté par des cubes simplistes. « C’est ce qui me plaît dans ce jeu, je peux créer mon propre univers virtuel, constitué de millions de cubes, et jouer en réseau avec mes copains dans un univers que nous avons créé ; c’est un peu comme dans la vraie vie : on peut construire des bâtiments, des cartes de jeu en 3D. »

Avec deux copains, Téo a recréé virtuellement le collège Jean-Jaurès, de Bannalec, où ils sont élèves. « Nous avons plus ou moins respecté la réalité et reconstitué toutes les pièces : classes, réfectoire, bureaux, cours d’école ». La carte est téléchargeable sur leur serveur Bannacraft, à l’adresse suivante : totobdc.e-monsite.com

Sur ce site personnel, Téo a également mis en ligne des vidéos de tutoriels pour apprendre aux visiteurs à installer le jeu Minecraft. Seul danger de ce monde virtuel : l’addiction. Les joueurs ont en effet une fâcheuse tendance à y passer beaucoup de temps et à oublier de vivre d’autres aventures passionnantes, cette fois-ci dans le monde réel.

Publié sur ouset-France du 18 juillet 2013